Le 3 juillet, notre équipe du refuge du Marais est intervenue à Sambreville pour le sauvetage de plus de 100 animaux, 14 mois seulement après une première intervention chez le même récidiviste.
A la demande de l’Unité du Bien-être animal de la Région wallonne, les refuges Veeweyde Refuge du Marais, Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby, Help Animals et Au Bonheur Animal se sont mobilisés pour prendre en charge la totalité des animaux sur place : quatre chevaux dont un poulain, un poney shetland, un mouton et plus d’une centaine d’animaux de basse-cour (poules, coqs, oies et canards).
Privation d’eau et insalubrité
À leur arrivée sur les lieux, les équipes ont découvert une situation de négligence grave. Des poules et coqs sont enfermés dans de petits clapiers, sans eau ni nourriture, avec à peine l’espace pour se retourner.

Le déclencheur menant à la saisie est à lui seul accablant : les animaux présents n’avait pas accès à l’eau. À la vue des inspecteurs, les propriétaires se sont précipités pour remplir à la hâte quelques récipients, mais pour beaucoup d’animaux, il était déjà trop tard…
Du côté des équidés, le terrain est envahi de déchets et de bric-à-brac, avec peu ou pas d’herbe disponible.

Les chevaux doivent cohabiter avec les encombrants, sur une parcelle exiguë et totalement inadaptée. Le seul mouton présent sur place portait un collier autour du cou, auquel était attachée une chaîne de quelques centimètres. L’un de ses onglons s’est retrouvé coincé dans la chaîne, l’obligeant à se déplacer constamment sur trois pattes.
Malgré la présence de la police locale, les propriétaires se sont montrés particulièrement agressifs envers les équipes des refuges. Soigneurs et bénévoles ont dû travailler dans un climat d’oppression et de tension constante.

Notre refuge du Marais a pris en charge 31 animaux : 20 poules et coqs, 11 canards ainsi qu’une jument et son poulain.

Les associations remercient sincèrement les inspecteurs de l’UBEAW et les agents de police présents sur place pour leur soutien et leur professionnalisme.
Condamnation et destination finale
En ce qui concerne la destination finale des animaux, la décision revient au ministre Adrien Dolimont qui a deux mois pour confirmer, au vu de la gravité des faits, que les animaux seront confiés aux associations qu’ils ont rejointes.
L’Unité du Bien-être animal a dressé un procès-verbal pour infraction au Code Wallon du Bien-être animal. Les propriétaires pourront être poursuivis au pénal ou administrativement. Si le Parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer les propriétaires devant le tribunal correctionnel. Celui-ci risque de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à 1 million d’euros. Si le Parquet ne poursuit pas, la main reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également un retrait de permis de détention d’animaux.