Ce vendredi 6 juin, plus de 60 associations et refuges wallons et bruxellois ont annoncé se mobiliser pour pousser les pouvoirs publics à agir d’urgence en matière de bien-être animal.

Ce qui a mis le feu aux poudres ?

Les récentes restitutions d’animaux maltraités, des cas dramatiques qui ont bouleversé l’opinion publique.

En effet, ces derniers mois, plusieurs décisions de justice ont choqué les défenseurs des animaux en Belgique : en mars, des animaux saisis pour maltraitance et recueillis par la SPA de Perwez ainsi qu’au refuge Natur’Horse, et entre-temps adoptés, devaient être rendus à leurs bourreaux suite à un recours au Conseil d’Etat que ces derniers avaient introduit. La décision du ministre a été de rendre une partie des animaux au contrevenant, alors même que les animaux pris en charge présentaient tous des séquelles de maltraitance.

Encore ce mois de juin, deux spitzs, saisis également pour maltraitance, viennent d’être rendus à leurs anciens propriétaires par décision de justice, malgré leur traumatisme et leur réhabilitation à la SPA de La Louvière.

Chez nous au refuge du Marais et en notre refuge de Bruxelles, nous hébergeons et soignons 15 animaux issus d’une saisie survenue en décembre 2024.
De cette saisie, ils sont 31 au total : des chiens, mais aussi des canards, des poules, des oies, des chèvres répartis entre plusieurs refuges partenaires : outre notre refuge du Marais, le Rêve d’Aby, Animaux en Péril, le Refuge du Beaussart et Forrest & Friends auprès desquels les autres animaux maltraités ont été répartis.

Sauvés en décembre 2024 par nos équipes du Refuge du Marais, les deux chiens Belle et Balto ont petit à petit retrouvé santé et confiance au refuge de Bruxelles. Leur saisie pour maltraitance avait été validée en février 2025 par les autorités et ils étaient prêts pour l’adoption.

C’est alors que leurs anciens propriétaires ont déposé un recours pour les récupérer. Un courrier officiel nous l’a confirmé début avril.

Malgré une saisie pour maltraitance, il est encore possible pour les anciens détenteurs de contester la décision. Tant que les recours sont possibles, les animaux ne sont pas entièrement protégés. C’est une faille du système auquel il faut apporter des réponses à la hauteur tant administratives que juridiques.

En clair : un recours juridique peut forcer un refuge ou une famille adoptive à rendre l’animal à celui qui l’a fait souffrir.

Pourquoi c’est grave ?

Ces décisions créent un précédent dramatique : sauver un animal ne garantit plus sa sécurité.
Elles sapent le travail quotidien des refuges.

Pourquoi agir ?

  • Parce qu’un animal sauvé ne devrait jamais retourner chez son tortionnaire.
  • Parce que le système actuel protège les formes, pas les vies.
  • Parce que les refuges n’en peuvent plus : saturation, épuisement, absence de soutien.

Pour Belle, Balto et tous les autres animaux de cette saisie du 5 décembre, le Conseil d’État a fixé l’audience publique au 10 juin 2025.

Si Dolimont décide de rendre les 31 animaux aux contrevenants, c’est nier la maltraitance avérée qu’ils ont subie et les exposer à de nouvelles souffrances.  (Attention, dans un Etat de droit un responsable politique ne peut remettre en cause une décision de justice. Il lui revient cependant que le mesures administratives et juridiques soient correctement exécutées)

Un ultimatum au Ministre du Bien-être animal

Cette situation ne peut se banaliser. Les refuges qui aident les animaux en détresse ne peuvent se résigner à voir se multiplier la restitution à leurs bourreaux d’animaux saisis.  

Un préavis de grève d’un mois est déposé auprès du Gouvernement wallon et du Ministre du Bien-être animal, Adrien Dolimont afin d’obtenir de sa part des solutions juridiques et administratives pour soutenir les refuges et éviter les restitution dans le cadre des saisies.

Sans réponse d’ici le 15 juillet 2025, les refuges suspendront :

  • Toutes leurs conventions avec les autorités locales (gestion des errants, etc.)
  • Pour certains, les prises en charge dans le cadre de saisies pour maltraitance

Envoyez un mail au ministre pour soutenir cette action via www.refugesencolere.be