La corrida: un peu d'explications.

 

La Corrida en Espagne et France

La Corrida espagnole de par sa violence est une manifestation très controversée. Malgré cela elle a réussi à se développer  dans toute l’Espagne et dans une grande partie du sud de la France, son pole étant Nîmes. Mais comment se déroule vraiment le jeu? Est-il apprécié par l’ensemble des français? Quel est son avenir?


I. Règles et déroulement du jeu
Le taureau doit avoir plus de 4 ans et peser entre 575 et 625 Kg. Dans chaque corrida 3 Matador affronteront 2 taureaux chacun.Pendant 3 à 5 minutes le Matador teste la puissance du taureau et l’évalue. Appelés par des cors arrive ensuite le Picador sur un cheval protégé. Armé d’une longue lance il  piq ue le taureau 2 à 3 fois dans les muscles de la nuque pour qu’il ne puisse plus relever la tête quand il charge. Sont ensuite appelés les Banderilleros qui vont planter 3 fois 2 banderillas dans le taureau. Peut alors revenir le Matador qui va  jouer avec le taureau jusqu’à l’épuisement pour finalement l’achever d’un coup d’épée derrière la tête.


II. Historique
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la loi du 2 juillet 1850 dite Loi Grammont condamnant les sévices aux animaux, était applicable aux courses de taureaux mais les tribunaux et les préfets ont eu pendant longtemps des opinions diverses sur le sujet. Début du XXe siècle, la Cour de cassation juge une bonne fois pour toutes que la loi Grammont s’applique aux corridas. En 1951, un alinéa est ajouté à la loi Grammont : « Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition ininterrompue peut être invoquée. » Cet alinéa est complété en 1959 : la tradition doit être « locale et ininterrompue. »


III. La France concernée
La saison des corridas est entre février et octobre. 68 villes du sud de la France sont concernées parmi lesquelles Fréjus, Arles, Béziers, Bayonne, Carcassonne…Ont lieu  environ 140 corridas espagnoles qui nécessitent environ 1000 taureaux.


IV. Qu’en pense les Francais ?
83% des français sont indignés, 15% des personnes interrogées apprécient plus ou moins et 56% demandent l’interdiction dans toutes les villes françaises.


V. Les actions anti-corrida

Elles dénoncent la violence, le coût (prix d’une corrida d’environ 200 000 €) et l’effet répulsif qu’ont les corrida sur le tourisme.


VI. L’avenir de la corrida espagnole
La conscience publique semble prévaut et de plus en plus de villes se déclarent villes anti-corrida. Mais les jeux taurins ne sont pas destinés à disparaître car en plus que la corrida espagnole existent d’autres évènements parfois bien plus dangereux et spectaculaires.

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La corrida: plus jamais

 

La chanteuse espagnole Alaska a lancé lundi à Madrid la campagne anti-tauromachie "La vérité nue : la tauromachie est cruelle".

La chanteuse espagnole Alaska, égérie de la "Movida", a présenté lundi à Madrid une campagne contre la corrida sur l'affiche de laquelle elle pose nue avec des banderilles plantées dans le dos. "Il faudrait planter quelques petites banderilles dans le dos de ceux qui disent que le taureau ne souffre pas" pendant la corrida, a affirmé la chanteuse en présentant la campagne baptisée "La vérité nue : la tauromachie est cruelle". Cette campagne est une initiative des associations espagnole AnimaNaturalis et britannique Peta, habituée des actions de protestations contre les courses taurines.
 
La chanteuse Alaska, au rock déjanté et à la chevelure orange, a été avec le cinéaste Pedro Almodovar une des figures de la "movida", le bouillonnant et libertaire mouvement culturel qui a bouleversé le paysage artistique espagnol au début des années 1980 après 36 ans de dictature franquiste. "J'ai grandi à Mexico en voyant des corridas et le toril (le corral où les taureaux sont gardés juste avant, ndlr). Je les ai vus avant de sortir et après, et même comme cela, ça me paraît inacceptable", a-t-elle déclaré.
 
Les professionnels espagnols de la tauromachie organisent de leur côté, les 4 et 5 juin au Parlement européen à Bruxelles, une exposition pour promouvoir leur activité, de plus en plus critiquée en Espagne et en France, les deux principaux pays "taurins" d'Europe. En France, la Société protectrice des animaux (SPA) mène une campagne grandissante contre la tauromachie et en Espagne les opposants à la corrida, très actifs en Catalogne (nord-est), se sont exprimés pour la première fois contre cette activité au Parlement.

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La protectrice attitrée des animaux Brigite Bardot a écrit une lettre au ministre français pour protester contre sa participation aux corridas des fêtes de Bayonne.

La star du cinéma français reconvertie dans la  défense des droits des animaux, Brigitte Bardot, s'est dite "révoltée" et  "dégoûtée" que la ministre de la Santé et des sports Roselyne Bachelot-Narquin ait l'intention d'assister aux corridas de Bayonne, le 15 août.
 
Brigitte Bardot a donc décidé d'envoyer une lettre à la ministre : "L'annonce de votre venue, ce 15 août, aux arènes de Bayonne pour vous  repaître de la souffrance et la mise à mort de taureaux, pauvres bêtes torturées  pour le plaisir sadique de spectateurs pervers, ne peut que révolter tous ceux  qui, comme moi, dénoncent avec force la barbarie de ces jeux du cirque, relents  des plus bas instincts de l'homme. Tout ceci me désole et même, me dégoûte profondément!", déclare Brigitte  Bardot.
 
Et "puisque vous êtes aussi en charge de la Santé, je vous suggère de vous  pencher sérieusement sur celle de vos amis aficionados dont la santé mentale me  paraît plus que menacée", écrit la présidente de la Fondation Brigitte Bardot. Le ministère interrogé jeudi n'a pu confirmer ni démentir la venue de Mme  Bachelot aux corridas de Bayonne.

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Le spot polémique du chanteur Renaud contre la corrida

Le chanteur Renaud, qui a prêté sa voix à un spot publicitaire contre la corrida réalisé par la Société protectrice des  animaux (SPA), est "en colère" contre le Bureau de vérification de la publicité  (BVP) qui n'en a pas autorisé la diffusion, a annoncé, mardi, la SPA. Ce spot réalisé en coopération avec le Comité radicalement anti-corrida  (Crac) et la Fédération des luttes anti-corrida (Flac) a pourtant été remanié à trois reprises à la demande du BVP pour ne pas "heurter la sensibilité des plus  jeunes", a indiqué la SPA dans un communiqué.
 
"Je suis très en colère et ignorais que le BVP pratiquait une censure aussi  scandaleuse", a déclaré Renaud, cité par la SPA, dans une lettre adressée au  président du BVP, Jean-Pierre Teyssier, en lui demandant "d'accepter la  diffusion de ce spot". "Nous souhaitons dénoncer la souffrance infligée à un animal, la persistance  de cette tradition intolérable dans un pays moderne, la nécessaire prise en compte de l'intérêt supérieur de l'animal face aux traditions archaïques",  a-t-il ajouté.
Un avis non contraignant ?
De son côté, le BVP a confirmé avoir échangé "trois courriers" avec  la SPA, qui lui avait demandé conseil sur ce spot. "Mais nous avons formulé des conseils et non pas un avis définitif", a précisé Joseph Besnainou, directeur  général du BVP. "Nous sommes toujours très réservés sur la possibilité de finaliser un tel  spot", a-t-il déclaré, jugeant que ce dernier "reste de nature à choquer le  public et à porter préjudice à l'ensemble des intervenants du secteur" de la  corrida.
 
"A notre connaissance, les corridas sont autorisées en France", a-t-il fait  remarquer, soulignant également la présence dans ce spot d'"images assez  violentes" et de "termes très durs, comme celui de barbarie". Le BVP a rappelé que, même s'il formule un avis négatif sur un spot, "les  chaînes ne sont pas obligées de le suivre".

Cliquez sur le lien pour voir ce spot censuré: http://www.dailymotion.com/video/k7A27l3RryvlSJhQRr

Une autre vidéo qui montrent la réalité de ce spectacle de la honte: http://www.dailymotion.com/related/x5antx/video/x5x6t7_quest-ce-que-la-corrida-y_news?hmz=74616272656c61746564

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"Corrida Basta" un livre écrit par Christian Laborde, écrivain français, qui dénonce cette machine de l'horreur qu'est la corrida.

Pour complèter votre information sur la corrida, il nous faut parler de la sortie en avril dernier, de ce merveilleux livre, qui a sucité la polémique dans ce petit monde de la tauromachie. " Corrida Basta " aux éditions Robert Laffont. Voici le texte de l' interview qu' a donné Christian Laaborde lors de la sortie de son livre.

 

Christian Laborde : un poète dans l’arène

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Parce ce que la protection de l’environnement et de la nature passe également par la défense des animaux, Christian Laborde, dans son pamphlet « Corrida, basta ! », cogne le torero et les aficionados, tout en rendant hommage aux majestueux taureaux. Un texte saignant sur un sujet qui l’est tout autant…

La sortie de votre livre « Corrida, basta ! » (1) a fait l’objet de boycotts de la part de certains médias. Vous attendiez-vous à ces réactions ?
Je ne suis ni surpris ni désarçonné. Je sais que la tauromachie est un business et, comme dirait Jacques Brel, « chez ces gens-là, on ne cause pas, monsieur, on compte… ». Ils défendent leur fric, protègent leurs liasses, et moi je continue ma route d’écrivain. Et l’on ne boycotte que les écrivains qui font leur métier d’écrivain. Les auteurs inoffensifs n’ont pas de souci avec les censeurs: on les laisse profiter et pulluler.
Pourquoi cet assaut contre la corrida ?
Parce que j’aime la beauté, la poésie, la solitude, les taureaux, les ours, la neige, le vent, la vie. Et la corrida pue la mort. Il faut en finir avec ce spectacle cruel qui arrache un animal à la paix paradisiaque des prairies et abaisse l’homme. Je suis contre la corrida parce que j’aime le taureau et parce que j’aime l’homme.
Avez-vous, à travers la dureté des mots employés à l’égard du torero en particulier, voulu traduire la douleur du taureau ?
Absolument ! De plus, écrivant de la sorte, je n’ai fait que respecter les règles du pamphlet. Pas de pamphlet sans violence, sans outrance, sans injure, sans insulte. Insulter signifie « faire assaut contre ». Ce livre est donc une charge contre le torero, tueur en série couvert par l’article 521-1 (2) du code pénal.
Vous allez plus loin que la cruauté de la corrida en dévoilant notamment l’origine de ce spectacle…
Il y a la cruauté et il y a le cirque. La corrida, c’est le cirque du sang. Rien à voir avec l’Antiquité, avec la religion antique, comme le prétendent les aficionados. Dans l’Antiquité, on pouvait sacrifier un animal. Mais on le faisait pour s’attirer la clémence des dieux. Où sont les dieux dans la corrida ? Qui est Dieu dans l’arène : les gens assis sur les gradins ? Le divin n’est pas dans l’arène. Dans l’arène, il n’y a que la foule et la foule a toujours soif de lynchage et d’exécution.
Vous convoquez dans votre texte des écrivains, des philosophes, des scientifiques, des imams et même le Dalaï-Lama. Était-ce aussi une manière de démontrer que « l’anti-corrida » est finalement un thème universel ?
Tous ceux que je cite, que je mentionne dans mon livre, d’où qu’ils viennent, quel que soit leur chemin, ont un point commun : l’empathie, la compassion, la proximité fraternelle avec les bêtes. Et, plus largement, l’amour de la nature, le désir de savourer, de célébrer l’harmonie entre les hommes et les animaux, entre les animaux et les arbres, entre les tuiles de nos maisons et le vent de partout. Cette empathie commune à toutes les cultures, fruit de la sensibilité et de l’intelligence, s’oppose à la cruauté féroce, carcérale, fondement de la tradition tauromachique.
Que répondez-vous à ceux qui clament haut et fort que la corrida n’est rien de plus qu’un spectacle « haut en couleurs » respectant une tradition ?
Je leur dis que leur spectacle a le goût du sang et que leurs couleurs sont criardes. Je leur dis qu’ils sont vulgaires, ringards, que, sous couvert de tradition, ils s’appliquent à humilier, à torturer et à tuer un animal. Et la mort du taureau plonge la lune dans un chagrin immense. Car le taureau est l’amant de la lune. J’oppose à leurs traditions poussiéreuses, sanglantes, le soleil inondant de la poésie.
N’est-ce pas l’affaire des politiques que d’arrêter le massacre ?
Oui. Il faudrait que le palais Bourbon supprime l’alinéa 7 de l’article 521-1 du code pénal. Un vrai combat. Il faut saluer ici la persévérance de Muriel Marland-Militello (députée des Alpes-Maritimes, ndlr), qui se bat pour que la loi change.
Comment voyez-vous l’avenir de la corrida ?
Nous faisons tout pour qu’elle n’ait pas d’avenir. Bientôt les taureaux seront libres, libérés par une jeunesse espagnole qui, si j’en crois un sondage paru dans le quotidien El País tourne le dos à ce spectacle atroce, jeunesse espagnole que ne manquera pas d’imiter la jeunesse française. Quant aux aficionados, qui sont de plus en plus âgés, ils ne vont pas tarder à être atteints par la maladie d’Alzheimer. Oui, les jours de la corrida sont comptés.

  1. « Corrida, basta ! », de Christian Laborde, éditions Robert Laffont.
    (2) L’article 521-1 stipule que « Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».

Propos recueillis par Stéphane Aitaissa
Photo : Ulf Anderson

 

Corrida Basta

Extrait du livre:

La corrida, c’est le pire Sud qui soit, celui du général Franco envoyant ses toreros porter, sur les bords de la Nive et de l’Adour, la bonne parole du sang et de la torture.
La corrida, c’est le pire Sud qui soit, celui de mecs et de meufs trépignant et braillant, se délectant du martyre d’une bête splendide, réclamant sa mort, immonde masse tresseuse de nasses, grouillante de préjugés, saturée de frustrations, meute ne vivant que pour voir grossir la meute, œuvrant à son renforcement, voyant dans toute solitude une provocation, une atteinte à la sûreté de son gras.
La corrida, c’est le pire Sud qui soit, un Sud gavé de téléréalité qui va se les vider en regardant la pique s’enfoncer dans la chair sanguinolente d’une bête piégée, humiliée, le Sud des têtes de lard ricardisées et des têtes de cons parmi lesquelles on repère, au premier regard, celles, rougeoyantes, des notaires sans culture, des avocats sans cause, et des vétérinaires dont les animaux se méfient.
La corrida, c’est le pire Sud qui soit, le Sud obsédé par ses propres racines, ignorant tout du feuillage et des oiseaux, le Sud qui a des toiles d’araignée sous les bras, porte un béret enfoncé jusqu’aux yeux, brandit comme autant de cartons rouges ses proverbes, ses dictons, sa prétendue sagesse faite de résignation, de garde à vous, et de soumission à l’ordre établi.
Défenestrons ce Sud et dézinguons la corrida !
Je sais un autre Sud qui est un sein, une source, un songe. C’est mon Sud à moi, populaire et aristocratique, primitif et savant, ouvert, vivant, vital.
Mon Sud à moi, c’est Joë Bousquet écrivant La tisane de Sarments à Carcassonne, Claude Nougaro chantant « Locomotive d’or » au théâtre du Capitole, Bernard Lubat jouant de la batterie à des ragondins à Uzeste, André Breton marchant dans les rues de Saint-Cirq Lapopie, une percussion de Dimitri Szarzewski, la pluie dans un roman de Bernard Manciet, le revêtement granuleux de la route du Tourmalet, n’importe quelle rue de Toulouse, le poète Jean-Pierre Tardif rédigeant, en occitan, une petite grammaire arabe, Lance Armstrong accélérant dans la montée du Pla d’Adet, les Converse rouges d’un Lolita, Nabokov marchant, enfant, dans une rue de Pau.
Défenestrons le Sud de la mort et dézinguons la corrida ! Ouvrons le feu, vidons nos kalachnikovs, nos flingues planqués dans nos greniers sur la racaille confessée qui se rend aux arènes !
Et vous taureaux, mes chers taureaux, courez, courez, accrochez à vos cornes qui sont le narguilé de Dieu, l’écharpe tournoyante des vents!